Ispahan
est une ville de 1,3 M d’habitants au pied et à l’Est de la chaîne du Zagros.
Elle est traversé par le Zâyandeh Rûd. Cette rivière qui va se perdre dans le
désert, peut rester à sec une partie de l’été. La ville est à une altitude de 1
500 m environ et les montagnes du Zagros peuvent dépasser 4 000 m. C’est un
point de passage entre la Nord de l’Iran et le Sud.
Avant la conquête arabe la ville
était coupée en deux villes séparées par le fleuve ; d’un côté la ville
iranienne, de l’autre la ville juive. La rive Sud du fleuve abrite les restes
d’une importante population arménienne arrivée au début du XVIIe siècle.
Histoire
Les deux villes originelles
fusionnèrent au moment de la conquête arabe (640). Une première mosquée y fut
construite puis à la fin du VIIIe siècle une seconde mosquée fut bâtie sur
l’emplacement de l’actuelle « Mosquée du vendredi ».
Les turcs seldjoukides firent
d'Ispahan la capitale de leur empire (1051). Nizam al Mulk résidait à Ispahan et
de là il donnait ses instructions pour l’organisation de l’enseignement à
Bagdad. L’ébauche de la mosquée du vendredi à ce moment là.
Ispahan connut ensuite une période de
déclin avec l’occupation Mongole (vers 1225) et avec le sac de la ville par
Tamerlan en 1386.
Au début du XVIe siècle, les
safavides font du chiisme duodécimain la religion officielle de l’Iran et font
d’Ispahan leur capitale. Chah Abbâs Ier fait construire le « Palais des 40
colonnes » et la « Mosquée du Chah » renommée depuis la révolution islamique de
1979 en « Mosquée de l’imam Khomeiny ».
Le palais des 40 colonnes
Une
visite bien venue en pleine chaleur car il y a un parc avec des arbres et
l'ombre qu'ils procurent. Vous pouvez toujours essayer de trouver 40 colonnes,
il n'y en a que 18, plus deux en retrait et qu'on voit à peine. C'est vu du fond
du parc, et par reflet dans le bassin, qu'on peut avec beaucoup de bonne volonté
trouver 40 colonnes. On dit que 40 était le synonyme de beaucoup dans la langue
persane ancienne. Cela mis à part ce palais du XVIIe siècle est intéressant
surtout à cause des peintures murales (encore en cours de restauration) qui le
décorent à l'intérieur comme à l'extérieur. À l'intérieur c'est l'histoire
persane (celle des batailles avec les ennemis de l'époque) qui domine et à
l'extérieur on a quelques surprises comme un mousquetaire ou une courtisane de
la cour de Versailles. Les sculptures du parc imitent les sculptures sassanides,
voire achéménides dans la mesure où les sassanides les imitaient déjà.
Place de l'imâm Khomeiny
La place de l'imam Khomeiny, au fond
la mosquée de l'imam, à droite le palais de `Ali Ghapu
La place de l'imâm Khomeiny est
paraît-il l'une des plus grandes places du monde: 500 m sur 160 m. C'était à
l'origine un terrain de polo et le souverain pouvait assister aux rencontres
depuis sa terrasse. Tout autour de cette place dans des galeries assez sombres
il y a des commerces et des artisans. Elle est maintenant aménagée en place
publique avec pelouses, bassins et allées. Cette place date de 1612 sous le
règne des séfévides. Autour de la place au moins trois points d'intérêt:
- La mosquée de l'imâm
- La mosquée du Shaykh Lotfollah
- Le palais de `Ali Ghapu
La place de l'imâm est à visiter
plutôt en fin de journée encore que la visite des monuments qui l'entourent
demande un certain temps. Le palais de `Ali Ghapu pouvant être réservé pour la
fin de journée pour avoir une vue sur la ville depuis les étages supérieurs et
surtout depuis la surprenante salle de musique du dernier étage. On dit qu'un
passage souterrain permettait de passer du palais de Ali Ghapu à la "Mosquée
du Shaykh Lotfollah" ce qui permettait aux femmes d'aller à la mosquée sans
être vues, d'où le nom de « Mosquée des femmes » qu'on lui donne parfois
Les ponts
Les
ponts sur la rivière Zâyandeh sont une des attractions d'Ispahan.
Malheureusement depuis les années 2000, la rivière est à sec en été, les
captages d'eau pour l'irrigation l'industrie et l'approvisionnement en eau de la
ville et de Yazd à 300 Km d'Ispahan l'assèchent complètement. Le spectacle de
ces ponts et sans doute moins triste en hiver ou au printemps. Le plus ancien
date de l'époque seldjouqide sur les fondations d'un pont d'époque sassanide.
Les autres datent de l'époque séfévide.
La mosquée du vendredi
C'est un véritable complexe
religieux, avec plusieurs cours, plusieurs salles de prières, plusieurs
madrasas. C'est un lieu aussi difficile à décrire car sa construction est un
vrai feuilleton s'étalant du XIe au XVIIIe siècle. En même temps la visite est
une vraie leçon d'architecture et de son évolution au cours de ces siècles.
Le quartier arménien
De l'autre côté des ponts, au sud de
la ville, se trouve le quartier arménien habité par des immigrés venus ici vers
1600. Vue de la rue, la cathédrale a le même aspect qu'une mosquée si ce n'est
la croix au sommet du dôme. L'intérieur est recouvert de peintures racontant le
martyr légendaire de Saint Grégoire l'illuminateur, fondateur de l'église
arménienne. À côté de l'église, il y a un musée de l'art arménien avec un
mémorial du génocide arménien. L'Iran ayant reconnu ce génocide bien avant la
France.